S'infiltrant profondemment,
l'eau de pluie fait gonfler les nappes souterraines, alimentant
ainsi les puits. Elément décoratif de nos jours,
le puit servait dans les campagnes jusqu'au millieu du XXe siècle.
On y puisait l'eau à l'aide d'un seau accroché
au bout d'une chaîne ou d'une corde. Encastré dans
un mur, au centre d'une cour de ferme, en bordure de rue ou
seul au centre d'un champ, le puit circulaire du Cotentin a
l'allure particulière que lui donne sa couverture faite
d'un cône de pierre ou d'une simple dalle. Souvent close
d'une porte, l'ouverture est pratiquée dans un pan coupé,
sous un linteau de bois ou de pierre. L'eau est ainsi maintenue
à l'écart des pollutions animales, matières
organiques et pluies abondantes qui pourraient la souiller.
Certains puits ont à leur fronton une niche qui servait
d'abri à une statuette. Usées, les margelles portent
souvent les traces d'une longue utilisation.
Le lavoir profite quant à lui des eaux
de ruissellement. Alimenté par les ruisseaux ou fossés,
il était traditionnellement sans couverture lorsque,
de petite taille, il servait aux lavages hebdomadaires. Les
lavoirs plus important utilisés pour faire deux fois
par an la grande lessive des draps étaient couverts.
Certains portent encore les traces de foyers ayant servi à
faire chauffer la lessive. Composée d'un mélange
d'eau et de cendre de bois, versée sur le linge avant
son rinçage, cette lessive écologique "redonnait
sa blancheur au blanc".
La mare sert de point d'eau. Souvent
hors de la cour, à l'écart de la ferme, elle
permet aux animaux de s'abreuver et aux canards de s'ébrouer.