Le conseil de la défense, présidé par le
Président de la République, décide en 1981
la construction d'un nouveau type de sous-marins aux performances
de discrétion acoustique supérieures à
celles des SNLE déjà en service.
Au total, DCN Cherbourg réalise 5 millions
d'heures d'études pour mettre au point sur le papier
un sous-marin unique fait d'une double coque de 600t, 50kms
de tuyaux et gaines de ventilation, 300kms de câbles
électriques, 75.000 appareils de toutes sortes.
La construction de cette nouvelle génération
de sous-marins nécessite la mise en place d'un nouveau
chantier de très grandes dimensions. Il sera nommé
chantier Maxime Laubeuf, en hommage au créateur du
1er submersible français le Narval lancé à
Cherbourg en 1899.
L'aménagement intérieur impose
de nouvelles techniques. Tous les matériels sont suspendus
à l'intérieur de la coque résistante,
elle-même suspendue dans la coque externe pour éviter
les vibrations.
Le lancement était jusqu'à présent
très spectaculaire. Les sous-marins étaient
construits sur une cale inclinée et lancés avec
les plus gros matériels embarqués dès
le gros oeuvre de la coque fini. Puis immobilisés dans
un bassin, une longue période d'achèvement commençait
avec parfois quelques difficultés pour entrer l'aménagement
intérieur par les petites ouvertures.
Ce chantier des records est à la hauteur
de cette génération et des nouvelles méthodes
de fabrication. La construction est faite à l'horizontale
en assemblant des tronçons pré-équipés.
Pour cela, un atelier coque est créé sur un
espace de plusieurs milliers de m² gagnés en partie
sur la mer. A 2 immenses nefs de montage dans lesquelles tiendrait
16 fois l'arc de triomphe est adjoint un dispositif de mise
à l'eau composé d'un gigantesque bassin en béton
armé. Une plate-forme en acier rectangulaire de 400T
sur laquelle repose le sous-marin s'y déplace. L'usinage
de pièces immenses nécessite des machines outils
uniques en Europe tel une presse de 12.000T et une rouleuse
de 4.000T. Une machine d'usinage tourne des pièces
de 14 mètres de diamètre.
Des marcheurs hydrauliques, système
unique au monde, tranfèrent les éléments
du sous-marin d'une nef à l'autre. Puis, le submersible
achevé, les 12.000t du sous-marin sont déplacées
de la nef d'assemblage vers le bassin de mise à l'eau,
au rythme de 60cm/minute.
Le transfert du Triomphant 1er SNLE de la nouvelle
génération vers son bassin a lieu le 13 juillet
1993, après 7 années de travail. Le Triomphant
a depuis rejoint la base navale de l'île Longue près
de Brest et est entré au service actif en 1997.
Dans cette série de sous-marins, Le
Téméraire a été admis au service
actif en 1999. Le Vigilant en 2005. Le Terrible est actuellement
en construction.
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