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Lorsque Jacques Demy cherche un lieu de tournage
pour son nouveau film en couleur, il possède déja
le scénario, les dialogues chantés ainsi que
la musique composée par Michel Legrand. Il sera question
d'amour et de parapluies. Mais Les parapluies d'où?
Le lieu idéal devra être ouvert sur la mer et
comporter des rues avec des passants.
C'est à l'occasion du tournage des dernières
minutes du film Lola qu'il découvre la ville de Cherbourg.
Le nom enchanteur et les scènes qu'il y tourne le laisse
sous le charme. C'est ainsi qu'il décide, que ces parapluies
seront de Cherbourg.
Une vision de cinéma
Le tournage aura lieu tout l'été
de 1963, en extérieur comme on dit au cinéma
... et en play-back. La bande son a déja été
préparée. Les habitants se mêlent aux
comédiens. Lorsque le temps est trop beau et que la
pluie doit fouetter la toile des parapluies, les pompiers
interviennent et arrosent.
Pour la scène de noël à
la station-service, il faudra de la neige. Pas de problème,
le sol est recouvert d'une couche de 20 à 30 tonnes
de sel. Lorsque les pompiers le nettoieront, il retournera
à la mer.
De la boutique, seront fait des plans du bout
de la rue. On pourra apprécier la vue sur le port et
ses bateaux le long du quai, pour donner un air maritime à
l'histoire. Oui.. mais la marée à Cherbourg
est importante et le bateau visible à marée
haute ne l'est plus 6 heures plus tard et cela à des
horaires différents chaque jour. Qu'à cela ne
tienne, on installe une silhouette de chalutier équipé
de cordages, casiers et faux mâts sur le bord du quai.
Il fera parfaite illusion.
Avec l'immense succès de cette comédie
musicale, Cherbourg passe à la postérité
du jour au lendemain. On découvre ses petites rues,
sa gare, son port de pêche... mais aussi et surtout
on retient... la pluie.
Et les parapluies diriez-vous? Car oui bien
sûr, dans le haut cotentin on fabrique des parapluies
de Cherbourg. Pour l'anecdote, un petit reportage récent
pour une émission de télévision montre
nos cherbourgois courbés sous leurs parapluies bravant
pluie et bourrasques sur le pont tournant. Puis le champ de
la caméra se déplace et s'arrête sur le
camion et les pompiers, encore eux, lance à la main.
Ne pleuvrait-il pas à Cherbourg aussi
souvent que l'on veux bien nous le laisser croire ?
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