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En longeant la côte du Val de Saire par
la route touristique on emprunte, sans s'en rendre compte
entre Cherbourg et Fermanville, le tracé de l'ancienne
ligne de chemin de fer, construite au début du XXe
siècle, reliant Cherbourg à St Vaast la Hougue.
Aux vues de l'important trafic maraîcher
transistant par Cherbourg à bord de voitures à
chevaux ainsi que de la desserte des différents forts
et redoutes militaires réparties sur le pourtour du
Val de Saire jusqu'à St Vaast la Hougue, la ligne de
chemin de fer Cherbourg - Barfleur est déclarée
d'interêt publique en 1904. L'important obstacle représenté
par la vallée des moulins de Fermanville serait enjambé
par un viaduc. Jeté en 1908, l'ouvrage d'art majeur
de la ligne, long de 242 m est porté par vingt arches
de granit. La construction des 32 kms de la ligne à
coups de pelles, de pioches et parfois d'explosifs pris deux
années.
Le 9 juillet 1911, tracté par une locomotive
Weidknecht 030T le convoi composé de six voitures mixtes
- 1ère et 2ème classes - emmenant plus de 300
voyageurs s'ébranle en gare de Cherbourg pour l'inauguration
de la ligne. Dès le lendemain, à la hauteur
de Rauville, le train subit son premier déraillement.
Et ce ne sera pas le dernier.
Les anciens se souviennent encore de ses pittoresques
wagons chargés de "bonnes femmes" se rendant
au marché de St Pierre-église, portant paniers
d'osier d'où dépassaient des têtes de
canards et de coqs. L'indispensable chemin de fer acheminait
aussi les sacs postaux, les journaux du matin et accessoirement
les cortèges funéraires et leurs cerceuils.
Pendant la seconde guerre mondiale, réquisitionné
à de nombreuses reprises par l'armée allemande,
le petit train transportera le sable des dunes vers les chantiers
de construction du mur de l'atlantique ainsi que de nombreux
matériels militaires. Lors du débarquement,
la ligne fut sabotée à plusieurs endroits par
l'armée allemande avant la retraite. Six piles du viaduc
de Fermanville s'effondrèrent sous l'effet de l'explosif.
Indispensable aux troupes alliées, la
petite ligne hautement stratégique fut remise rapidement
en état. Quatorze mois plus tard, le viaduc entièrement
reconstruit, laissait passer son premier train.
L'usure de la ligne et du matériel roulant,
imposa l'arrêt définitif. Remplacé par
l'actuelle route de la côte jusqu'à Fermanville,
le tue-vaques, petit train du Val de Saire a vécu.
Son surnom lui vient de nombreuses rencontres
malheureuses qu'il fit tout au long de ces années.
Dans ce pays où la ligne de chemin de fer trace sa
route à petite vitesse à travers les haies et
les prés du bocage, certains bovins gourmands qui n'hésitaient
pas à venir brouter la touffe d'herbe tendre en bordure
de voie se faisaient renverser.
Anciens ouvrages visibles et leur situation
- Gare de Cherbourg - Gare routière
face à la gare SCNF.
- Gare des Flamands - Au fond du port des
Flamand, près du musée maritime Chantereyne.
- Gare de Bretteville en Saire - à
la hauteur de la plage de Bretteville.
- Grotte et saignée du grand Castel
- avant l'anse du Brick, la grotte fut creusée pour
en retirer du remblai.
- Gare de Fermanville - Le Mont Téreire,
Fermanville.
- Viaduc de Fermanville - vallée des
moulins.
- Gare de Tocqueville - D125, route d'Imbranville.
- Quai et gare de Gatteville - D10
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