|
Cet ensemble de constructions défensives
disposé le long du littoral continental allant de la
Norvège à la pointe de Gibraltar avait été
conçu d'après la propagande allemande pour "défendre
l'empire allemand pendant mille ans". Faute d'avoir pu
contenir l'assaillant, il gêna tout de même considérablement
les forces de débarquement lors des opérations
du 6 juin 1944 et des jours qui suivirent.
C'est dans la directive allemande N°40
du 23 mars 1942 qu'est ordonnée la construction de
15.000 ouvrages sur la façade atlantique. L'occupation
allemande et de surcroît la construction des défenses
eurent des conséquences sur la vie locale - réquisition
de main d'oeuvre, matières premières et moyens
de transports. La bande côtière, fut décrétée
zone interdite à toute personne étrangère
à la zone. Pour tous les déplacements, le laissez-passer
était obligatoire.
De la mer vers la terre, la zone défensive
était constituée en juin 1944 d'une ligne de
mines maritimes puis d'obstacles sous-marins découvrant
à marée basse - pieux minés, blocs de
bétons, tétraèdres en fer, grilles métalliques.
Sur la terre ferme étaient disposés - ceintures
de fils barbelés, murs ou fossés antichars,
champs de mines, chicanes sur les voies d'accès aux
plages, petits canons antichars et antiaériens, lance-flammes,
fosses de pétrole. L'intérieur des terres était
protégé par de grosses batteries d'artillerie,
des pieux minés - dîts asperges de Rommel - reliés
par du fil barbelé et plantés dans les champs
susceptibles de servir de zone de parachutage.
L'armée de terre positionnait ses batteries
à 4 ou 5km à l'intérieur des terres -
souvent à moitié d'une portée de tir
- afin de les protéger des tirs de navires. Des observatoires
étaient ainsi nécessaires sur la côte
pour les réglages de tirs. La marine, quant à
elle, installait ses ouvrages en bordure de mer pour augmenter
la portée des canons.
Au hasard des promenades, il est possible d'observer
différents modèles de construction. La casemate
pour batterie d'artillerie est couramment organisée
dans un ensemble d'ouvrages comme à Gatteville. Les
casemates de flanquement de plage étaient situées
à chaque extrémités de plage. Ces cubes
possèdaient un mur exposé épais de 2,10m.
L'entrée se faisait par une chicane à droite
pour gêner un assaillant droitier. L'ouverture du champ
de tir assez restreinte d'environ 60° permettait la défense
de la plage. L'avancée de béton frontale devait
protéger la casemate des tirs venant de la mer.
Le tobrouk est un abri individuel bétonné,
servi par un homme équipé d'une arme automatique
et d'une mitrailleuse placée sur une ouverture circulaire
percée dans la dalle. Certains tobrouks étaient
conçus pour des lance-grenades ou lance-flammes. A
côté, un petit local communiquant pouvait abriter
deux hommes. Ces petits ouvrages, courants sur la côte,
sont parfois reliés entre eux par des galeries bétonnées.
Facilement accessibles, il est recommandé
d'être prudent lors des visites de ses vestiges. Leurs
accès n'étant pas sécurisés, les
intérieurs sont sombres et possèdent de nombreux
trous et ferraillage saillants. Bien que déminés
à la fin du conflit, le risque de voir ressurgir avec
le temps un objet explosif enfoui existe. Soyez vigilants,
et peut-être y croiserez-vous de petites chauves-souris
semblant profiter de l'atmosphère idéale de
ces abris providentiels pour leur hibernation.
|