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à Cherbourg, la grande rade artificielle est l'indispensable
protection de la ville contre les assauts de la mer. Sans les
digues, l'eau de mer engloutirait le port à chaque tempête
et inonderait les rues de Cherbourg.
Cette
construction historique, aux dimensions démesurées
et inégalées, telle qu'elle est visible aujourd'hui,
mis deux siècles à aboutir.
Le fort de l'île Pelée
Destiné à la défense de
la passe Est de la rade, ce fort fut construit, entre 1779
et 1784, sur un îlot rocheux à l'emplacement
d'un fortin.
Sous la direction de l'ingénieur de
Caux, reprenant les idées du marquis de Montalembert,
des fortifications arrondies offrant moins de prises aux tirs
d'artillerie s'élevaient sur deux niveaux, protégeant
une cour intérieure. Au rez-de-chaussée se tenaient
les différents magasins à vivres et munitions.
Le second niveau abritait des batteries casematées.
Surmontant l'ensemble, une terrasse retranchée derrière
un parapet crénelé supportait d'autres bouches
à feu.
Avec les progrès de l'artillerie de
la fin du XIXe siècle, les créneaux ont disparus
et l'ensemble a été bétonné. Un
port est alors créé devant le fort. Lors de
la seconde guerre mondiale, l'armée allemande utilise
les lieux. Monte-charges et monte-bombes ainsi qu'une centrale
électrique y sont aménagés.
Lointain vu de la terre, ce lieu étrange
surprend par son imposante austérité. Une rampe
d'accès conduit directement à la porte d'entrée
monumentale. L'interdiction formelle de poser le pied sur
l'île, n'exclue pas la possibilité de s'aventurer
à bord d'une embarcation à marée haute
dans le petit port.
L'île pelée était reliée
à la terre par un promontoire. Balayé par les
tempêtes, il a disparu ne laissant subsister qu'un cordon
rocheux permettant de traverser, à marée basse,
à cheval, de l'eau à mi garrot, jusqu'au XVIIe
siècle.
Le fort des Flamands
Situé à l'origine sur un
îlot relié à la terre par une chaussée
maçonnée, le fort des Flamands fut construit
de 1847 à 1854. Antérieur à la jetée
de l'sst, il protégeait la rade en croisant ses feux
avec ceux du fort de l'île pelée. Tournée
vers la mer, une importante plate-forme protégée
par une batterie casematé pouvait recevoir de l'artillerie.
Ce fort est le seul auquel il possible
d'avoir accès. Situé
à l'est du terre-plein de la gare maritime transmanche,
il est possible de l'approcher côté terre et
d'en faire le tour côté mer à marée
basse.
Le fort du centre
En 1803, commence la construction d'une
première batterie faite de pierres assemblées,
au centre de la digue . La violente tempête du 12 février
1808 tout et fait 246 victimes, familles, ouvriers et soldats
travaillant sur le chantier.
C'est en 1811 que Napoléon Ier donne
l'ordre de reconstruire une nouvelle batterie cette fois-ci
maçonnée. Deux niveaux de casemates sont surmontées
d'une batterie à ciel ouvert. Au centre, s'élevait
un phare entouré de casernes et de magasins pour entreposer
vivres et munitions. Les travaux furent achevés en
1858.
A la fin du XIXe siècle, les progrès
de l'artillerie firent diminuer la hauteur du fort central,
le phare fut démoli, la cour centrale bétonnée
et deux casernes extérieures furent construites.
Les forts de l'est et de l'ouest
Achevés entre 1850 et 1852, les forts
des musoirs (extrémités de digues) de l'Est
et de l'Ouest sont circulaires. Ils possédaient à
l'origine 3 niveaux dont 2 étaient casematés
ainsi qu'un petit port. Les deux forts ont été
arasés et bétonnés à la fin du
XIXe siècle, à l'identique du fort central.
Le 18 juin 1940, devant la rapide avance allemande,
la marine française fait sauter les magasins à
munitions du fort de l'Est. Il est resté depuis dans
le même état, ruiné, servant l'entrée
de la passe Est de la grande rade.
Dans les années 90, un incident vient
agrémenter l'histoire du fort de l'Est. Un car-ferry
assurant la liaison transmanche, manque sont entrée
dans la rade et vient déchirer sa coque contre l'enrochement.
Aucun blessé n'est à déplorer mais cela
occasionnera une mise en cale sèche du navire à
l'arsenal de Cherbourg pour réparations. La coque est
déchirée sur plusieurs mètres et l'eau
a envahi la salle des machines.
Le fort de Querqueville
La construction du fort de Querqueville fut
décidée par Louis XVI lors de son passage à
Cherbourg en 1786. Erigé à l'emplacement d'un
fortin semi-circulaire datant de la guerre de 7 ans, ce fort
était à l'origine prévu pour garder la
passe Ouest de la rade de Cherbourg croisant le feu avec celui
de l'île pelée.
Les travaux de sondage de la rade réalisés
par le Comte de Chavagnac mirent en évidence la présence
d'une importante roche au centre du passage gênant l'entrée
des navires. Ainsi, la passe fut décalée d'environ
1000 mètres vers l'Est. Le fort de Querqueville n'avait
donc plus son utilité. Les travaux s'arrêtèrent
à la construction d'un hémicycle casematé
fermé par une caserne à deux niveaux. Au XIXe
siècle, deux ouvrages latéraux protégés
de la terre par une enceinte à tenaille bordée
de douves en eau de mer ont été créés.
Les ouvertures de la caserne furent murées en 1976
pour servir de dépôt à munitions.
Pour s'y rendre prendre la direction du CIN
de Querqueville (centre instruction navale) puis stationner
face au petit port de Querqueville. L'intérieur du
fort n'est visitable qu'à l'occasion de journées
portes ouvertes. Il est possible de longer l'hémicycle
côté mer à marée basse et de se
promener sur la digue.
La digue de Querqueville
Construite de 1889 à 1896, la digue
de Querqueville ouvre avec ce dernier sur la grande rade une
passe large de 800m. Les nombreux blocs de granit la constituant
proviennent des carrières de Flamanville et de Diélette.
Ainsi que pour l'achèvement de la grande digue, des
blocs de 20m3 constitués de pierres et de béton
furent aussi utilisés. Installés sur un chantier
tout proche, les tailleurs de pierre bretons débitaient
des blocs de 6m à 8m de long par 3m de haut et de large.
Chargés sur un énorme chariot, ils étaient
déposés à leur place définitive
à marée basse.
Par beau temps, la promenade sur la digue longue de 1200m,
donne l'impression d'avancer sur l'océan dès
que l'on monte sur le haut et large parapet.
Les jours de tempête, c'est ce même
parapet qui protège les éventuels secours des
vents violents et gerbes d'embruns. Le câble d'acier
qui courre le long de la muraille permet de s'y accrocher.
Le fort de Chavagnac
A l'occasion de sondages réalisés
lors de l'étude d'implantation de la grande digue dont
la construction commence en 1784, le comte de Chavagnac repéra
un îlot rocheux sur lequel il fut projeté d'établir
un fort.
Alors que l'on commençait sa construction
en installant les enrochements de fondation, il fut décidé
d'abandonner la forme circulaire initialement prévue
au profit d'une forme triangulaire aux angles arrondis permettant
une meilleure surveillance et défense de la passe de
l'Ouest. Des coupoles tournantes cuirassées y furent
installées, protégées par un parapet
en maçonnerie de 5m d'épaisseur, puis d'un mur
brise-lames de 3m. En 1891, le fort fut arasé et bétonné.
Son électrification fut réalisée en 1894
avec du matériel de récupération provenant
de la casse du cuirassé Le Tonnant. Le fort est actuellement
à l'abandon.
Le fort abrite une population d'oiseaux - sternes
pierregarin, huîtriers pies, goélands argentés
et goélands marins. Sur une plate-forme métallique
située près de la digue se trouve en hiver un
dortoir de bergeronnettes grises et de Yarrell.
Pour s'approcher au plus près du fort
de Chavagnac, prendre la direction du CIN de Querqueville
(centre instruction navale) et se garer près du petit
port, face au fort de Querqueville. Continuer à pied
jusqu'au bout de la digue. A mi-chemin, une plate-forme métallique
rongée par la corrosion marine permettait aux pétroliers
des armées alliées de décharger dans
un pipeline le pétrole nécessaire aux matériels
de guerre en 1944-45.
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