Ancienne ville fortifiée de Cherbourg
Départ d'un cône en présence du roi Louis XVI
Immersion d'un cône
Bataille de La Hougue
 
 
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  Construction de la grande rade de Cherbourg  
 

 

Cherbourg, une place forte...

Le maréchal Vauban a le premier l'idée de faire de Cherbourg une place forte permettant aux navires du roi de s'y réfugier. Le château de Cherbourg, ayant résisté durant 7 siècles aux assauts répétés des guerres de 100 ans et de religions passe pour être imprenable. Avec son artillerie, il peut protéger un port proche. Mais la politique s'y mellant, un groupe d'adversaires de Vauban mené par Louvois réussi non seulement à faire stopper les travaux de construction du port, mais aussi à faire détruire le château et l'ensemble des fortifications de la ville en 1689. De cette manière, si l'ennemi s'empare de la ville, il sera plus facile de lui reprendre.

 

Une défaite annoncée...

C'est ainsi que trois années plus tard, l'Amiral de Tourville ne peut mettre à l'abri ses navires en difficulté devant la flotte ennemi. L'épilogue de cette bataille dite de "La Hougue" est dramatique. Ce qui aurait dû être une victoire tourne à une amère défaite. L'histoire aurai été tout autre si le port imaginé par Vauban avait existé. Avant d'appareiller de Brest pour le combat, l'amiral de Tourville avait signalé le risque encouru par sa flotte et s'était ainsi écrié: " Hé, où voulez-vous que je raccommode mes vaisseaux dégréés ? Il n'y a pas un port français qui soit fermé dans la Manche ! "

 

Une entreprise titanesque...

En 1777, une commission d'experts composée entre autres de Charles François du Périer du Mouriez - futur ministre des affaires étrangères de Louis XVI et activateur de la déclaration de guerre à l'Autriche en 1792 - ainsi que de La Bretonnière démontre la possibilité de protéger la rade de Cherbourg par des digues. La proposition de l'ingénieur De Caux d'implanter des forts sur les îlots du Homet et de l'île Pelée est vite retenue par le gouvernement après une nouvelle incursion de la marine anglaise en 1779. La visite à Cherbourg du Prince de Condé en 1781, provoque la mise en chantier d'une digue devant être implantée entre l'extrémité nord-ouest de l'île pelée et la pointe de Querqueville.

Cette entreprise jusqu'alors jamais réalisée doit être constituée d'une succession de troncs de cône charpentés en bois d'une hauteur d'une vingtaine de mètres et d'un poid de plus de 500 tonnes, immergés et emplis de pierres perdues. Le premier cône d'essai est construit au Havre en 1781 et immergé en 1783. Il est alors envoyé à Cherbourg 700 à 800 charpentiers embauchés à Paris sous la devise des compagnons du Devoir. Le chantier de charpente navale s'installe sur une plage à l'intérieur de la future rade. L'année suivante, les 6 juin et 7 juillet à marée basse, les deux premiers cônes sont entourés à leur base de deux ceintures de tonneaux permettant de les maintenir à flot. Profitant de la marée haute, ils sont remorqués au-dessus du point d'immersion prévu. Les tonneaux libérés par un ingénieux système de cordage permettent au cône de couler sous son poids. Des barges munies de palants et de déversoirs l'emplisse au plus vite afin qu'il ne se mettent pas à dériver sous l'effet des mouvements d'eau.

 

Une lutte permanente contre les éléments

Le 18 août 1784, une violente tempête détruit la partie supérieure de la digue. Il est alors décidé d'écarter les cônes d'environ 300 m et de remplir les intervalles avec des blocs de pierres perdues. La construction des cônes est longue et fastidieuse. Au cours de l'année 1785, seulement 3 cônes sont mis en place. Le neuvième cône est immergé en présence du roi Louis XVI le 22 juin 1786. L'année suivante, commence l'élévation de la partie supérieure de la digue. En 1792, une nouvelle tempête met à mal la structure mais l'ensemble résiste semblant démontrer l'efficacité du procédé.

Passée la terreur révolutionnaire qui fit suspendre les travaux en 1793, il est décidé en 1802 par l'ingénieur Cachin de suréléver la digue de 2,90m. On utilise pour cela du grès tiré de la montagne du Roule ainsi que du granit provenant du Becquet. En 1804, les travaux du fort installé au centre de la digue sont achevés. Une batterie provisoire de 4 canons de 36mm et de 2 mortiers y est établie. Mais une nouvelle tempête détruit au mois de décembre l'épaulement extérieur. Qu'à cela ne tienne, l'année 1805 est consacrée au déversement de nouveaux enrochements pour renforcer l'ensemble. En 1806, le fort central est achevé. L'immense plateforme émmergeante supporte logements, corp de garde, soute à munitions et à vivres ainsi qu'une citerne d'eau douce pour accueillir une garnison de 150 hommes et leur famille. Cela est sans compter sur une nouvelle tempête hivernale qui dégrade les parties émmergées et ouvre une brèche de 20m. Le 12 février 1808, la combinaison d'une forte marée et de vents très violents disloquent le sommet du terre-plein emportant dramatiquement 246 personnes - militaires, ouvriers, femmes et enfants.

L'effroi passé, décidé à réussir dans l'entreprise commencée 30 années auparavant, le maçonnage de la digue devient inévitable. Il se poursuit pendant plusieurs décénies. Les parties émmergées deviennent ainsi constituées de murs en blocs de granit taillés de grandes dimensions assemblées avec des agraffes métalliques et du mortier. En mai 1811, Napoléon 1er et l'impératrice Marie-Louise visitent les installations portuaires. Deux mois plus tard, le 19 juillet, un décret fait de Cherbourg le chef-lieu d'une préfecture maritime s'étandant du Havre à St Malo.

Puis il fut décidé d'étendre la rade à l'Ouest

île pelée, fort de l'est, fort de l'ouest, fort du centre, Chavagnac, digue et fort de Querqueville, fort des Flamants

Cette entreprise titanesque mis deux siècles à aboutir.la rade aux dimensions démesurées et inégalées visible aujourd'hui.

L'ensemble de la digue centrale et des forts sont désaffectés. Indispensable protection de la ville de Cherbourg-Octeville qui, sans elle, serait envahie à chaque tempête. La digue centrale, construite avec du mortier de mauvaise qualité, souffre du temps et de l'assaut répété des vagues. Le coût de son entretien est important. Quelques travaux sont parfois réalisés telle la mise en place de nouveaux enrochements.

 
 
 
Zoom sur les cartes ...
Le sommet de la montagne du Roule à Cherbourg offre une vue panoramique sur l'ensemble de la grande rade et des installations portuaires.
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