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Installée au coeur d'un jardin calme,
en bordure des fortifications de l'arsenal militaire de Cherbourg-Octeville,
les murs de vieilles pierres en ruines de cette ancienne abbaye
contrastent avec les parties magnifiquement restaurées.
Les nombreuses campagnes de reconstruction
permettent d'admirer le réfectoire du XIIe siècle,
les vestiges de la salle capitulaire et de la cuisine du XIIIe
siècle ainsi que la façade ouest de l'hôtel
d'Harcourt du XVIIIe. Le portail ouest de l'abbaye datant
du XIIIe siècle est visible dans le jardin public.
La cheminée sculptée (XVIe siècle) a
été installée dans le salon de l'hôtel
de ville de Cherbourg-Octeville.
Une longue histoire...
La reine Mathilde, petite-fille de Guillaume
le Conquérant, fait ériger en 1145 une abbatiale
vouée à la vierge. Son fils Henri II y installe
une congrégation de Chanoines de l'ordre de St Victor.
La fin du XIIIe siècle est marquée
par l'invasion de Cherbourg par les Anglais. Les bâtiments
sont pillés et incendiés. Ce n'est qu'en 1450,
lorsque la ville redevient française que les chanoines
se réinstallent et restaurent l'abbatiale pour la porter
à l'apogée de sa puissance. L'abbé possède
le droit de haute justice sur les terres de l'abbaye s'étendant
à 77 paroisses y compris dans les iles anglo-normandes.
A partir de 1583 s'impose le régime de la commende
qui autorise le pouvoir royal à nommer les responsables
des lieux religieux.
N'étant plus obligés de résider
sur place, certains responsables délèguent la
gestion à un prieur ou un receveur. Sonne ainsi le
début de la décadence pour l'abbaye du Voeu,
ravagée par les dégats causés par les
guerres de religions.
Survivant tant bien que mal, la communauté
voit ses terres annexées en 1758 par les autoritées
françaises pour la construction du port militaire de
Cherbourg. La vie régulière dans l'abbaye se
termine en 1774. Les locaux seront ensuite utilisés
comme hôpital de marine, caserne puis comme magasin
pour la marine jusqu'au début du 20ème siècle.
L'abbatiale est classée monument historique
en 1913. Pendant la seconde guerre mondiale, l'armée
allemande incendie le reste des bâtiments. Echappant
de peu au déclassement, les campagnes de restauration
se succèdent depuis 1965.
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