Facade nord de nos jours
Salle d'embarquement avant sa restauration en 2004
Passage en douane / CCI Cherbourg
Hall des pas perdu en 1934
Facade nord de l'ancien hall des trains.
Entrée principale de La Cité de la mer
Gare maritime transatlantique / photo CCI  Cherbourg
Hall des trains en 1933
Escale du Norway
Escale des paquebots New-York et Bremen au quai de France le  2 mai 1935
Passerelle de débarquement
Escale du Queen Mary 2 en avril 2004
Escale nocturne du Costa-Atlantica
 
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  La Gare maritime transatlantique de Cherbourg-Octeville  
 

Pour les premières escales de paquebots anglais et allemands en 1869, la rade de Cherbourg est un mouillage sûr. La gare maritime construite en 1912 est située sur un quai dans l'avant-port. En quelques dizaines d'années, Cherbourg devient le 2ème port de France après Le Havre. Les compagnies maritimes portant les noms de White Star, Hamburg America, Royal Mail, Red Star et Cunard se partagent les escales. Le trafic toujours croissant des voyageurs émigrants - au lendemain de la guerre de sécession, les Etats-Unis offraient gratuitement 64ha de terre aux nouveaux arrivants s'engageant à les cultiver pendant 5 ans - implique des navires tendant au gigantisme qui ne peuvent plus entrer dans l'avant-port et mouillent dans la rade. De la gare maritime, les transbordeurs transfèrent les passagers sur les paquebots dans un incessant va et vient. Il devient indispensable d'aménager un port en eau profonde.

 

Un chantier titanesque

C'est en 1921 qu'est projeté de permettre aux paquebots d'accéder au quai à toute heure du jour et de la nuit, quelle que soit la marée. Après quatre années d'études préparatoires menées par l'ingénieur Minard, les travaux peuvent commencer. Une digue de protection - digue des Flamands - longue de 1200 m est construite pour fermer la petite rade face à la digue militaire déjà existante du Homêt. Puis l'on gagne 10 ha sur la mer afin de créer un môle où sera édifiée une nouvelle gare maritime transatlantique.

A côté, est creusée dans la vase une darse longue de 620 m et large de 230 m. Des demi-caissons en bois goudronnés, immergés et posés sur le fond, permettent d'atteindre la profondeur de 14m. Il est à déplorer en moyenne un accident par jour dûs à l'oxygénation des caisson par de l'air comprimé. Le Quai de France, terminé en 1932, est formé par des caissons de 7,50m de haut posés côte à côte. Il sera le point d'accostage des paquebots.

 

La gare transatlantique

Imaginé par l'architecte cherbourgeois Levavasseur, l'ensemble de la gare maritime, composé de deux grands bâtiments rectangulaires et parallèles, séparés par une voie charretière couverte pour les automobiles, est moderne, sévère et élégant dans le pur style Art-Déco. Cette construction, à l'époque l'une des plus vaste de France, occupe plus de 2 ha. Le hall transatlantique comporte 3 étages. Le rez-de-chaussée abrite les services portuaires. Au 1er étage, l'accueil des passagers débarquant de 9 passerelles mobiles sur une galerie d'une longueur de 600 m permet l'accostage simultané de 2 paquebots. Les passagers entrent dans la salle de douane pour la visite des bagages, puis traversent la salle des pas perdus entourée de boutiques, bureau de poste, bar, bureau des compagnies maritimes. Trois passerelles enjambent la voie charretière puis les 4 voies ferrées du hall des trains. Ce hall est lui aussi démesuré. Long de 240m et large de 40m, ses trente arches de béton portent la toiture de cuivre et de verre à une hauteur de 20m. Quatre trains peuvent y entrer simultanément. Pour couronner l'ensemble, un campanile culminant à 70m est orné de 4 cadrans d'horloges.

Débutée en 1928, la construction des bâtiments aura nécessité 100.000m3 de béton armé pour composer l'armature. Celle-ci sera recouverte de parements en briques de Montereau et de pierres de granit reconstituées. Le décorateur Marc Simon créé la décoration intérieure du hall des transatlantiques en l'habillant de staffs et de plâtres peints, de lambris en acajou d'Afrique et de Cuba, de palissandre et de bois éxotiques, de luminaires, de mobilier en acacia et merisier. Des dallages de mosaïque alternent avec les parquets en teck.

Quatre années auront été nécessaires à la construction de cet équipement majeur pour un coût de 200 millions de francs de l'époque. A l'occasion de son inauguration par le président de la 3ème République Albert Lebrun, le 30 juillet 1933, le Courrier Maritime de France écrivait:"Cherbourg peut se vanter de posséder la plus grande, la plus belle, la plus moderne, la mieux outillée des gares maritimes, non seulement de notre vieux continent, mais du monde entier". Dès 1934, tous les plus grands paquebots transatlantiques font escale à Cherbourg - Bremen, Europa, Normandie, Queen Mary...

 

Le choc

Dix années plus tard, en pleine tourmente mondiale, tout allait basculer. Le 18 juin 1944, pressées par l'avancée des alliés vers Cherbourg, les troupes allemandes font sauter partiellement l'édifice. La gare en perdra son campanile, le quai de France sera détruit et le reste sérieusement endommagé. L'ensemble du port de Cherbourg est sinistré. Elément essentiel du dispositif d'approvisionnement en hommes et matériels, les installations portuaires indispensables sont immédiatement remises en état par les G.I.

 

Les années Stars

La gare maritime attendra 1948 pour sa restauration qui se terminera en 1952. C'est alors l'époque des grands Liners - Queen Mary, Queen Elizabeth... autant de palaces flottants bataillant pour le ruban bleu - récompense pour la liaison transatlantique la plus rapide. Ils apporteront des Etats-Unis leur lot de stars. De nombreuses personnalités politiques et du show-business américain traverseront la salle des pas perdus et fouleront les quais du hall des trains - Rita Hayworth le 25 septembre 1955, le président Eisenhower en août 1963, Elizabeth Taylor et Richard Burton en octobre 1964, Salvador Dali en avril 1971, Fernandel...

Avec l'apparition des avions de lignes modernes, les liaisons transatlantiques deviennent obsolètes. Inadaptée au trafic transmanche grandissant, la gare maritime est peu à peu démantelée. La galerie nord est dynamitée en 1979. En 1982, la partie sud du hall des transatlantiques est rasée à son tour. Depuis quelques années, les croisiéristes, en majorité américains et anglais, font escale à Cherbourg et arpentent les salles de ce lieu légendaire. Cherbourg sait recevoir et accueille toujours avec fête ces géants des mers que l'on nomme aujourd'hui Queen Mary 2, Queen Elizabeth 2, Sovereign of the sea, Costa Atlantica, Camberra...

 

Visiter la gare maritime... aujourd'hui

  • Le hall des trains > Accueil de la Cité de la Mer, Médiathèque, restaurant, espace d'expositions et de congrès.
  • Salle des douanes > Visite muséographie portant sur l'épopée transatlantique de Cherbourg (renseignements à l'accueil de la Cité de la Mer).
  • Salle des pas perdus > En cours de réabilitation.

> plus d'infos sur les conditions de visite...

 
 
 
Zoom sur les cartes...
A Cherbourg, sur le port, suivre la direction Cité de la Mer.
Basilique de La Trinité
Cité de la Mer
Statue de Napoléon
La grande rade
Gare maritime transatlantique
Hotel Atlantique
Cité de la Mer
Gare maritime transatlntique
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