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Situé au coeur du Val de Saire maraîcher,
Réville est un joli bourg typique.
A l'entrée du village, la chapelle St
Eloi du XIe siècle semble être le vestige d'une
ancienne léproserie. A quelques pas, la fontaine St
Benoit est renommée pour soulager les abcès.
L'église, à la nef romane du
XIIe siècle et son coeur gothique des XIIIe et XVe
siècles, est surmontée d'un clocher élancé
à trois niveaux coiffé d'une très haute
flèche ajourée et ornée de crochets.
En 1688, alors que les vêpres y étaient célébrées,
la flèche fut détruite par la foudre. L'ensemble
pyramidal traversa la toiture blessant 150 personnes et tuant
le prêtre en chaire. Une oeuvre de Guillaume Fouace,
peintre de Réville - Un baptème à Réville
- illustre la tradition de ce sacrement au XIXe siècle.
Dans une chapelle latérale de l'église, est
à remarquer le gisant de la fille cadette de la famille
Fouace.
Les manoirs de Réville
La campagne révillaise possède
plusieurs charmantes fermes-manoirs dont seul le Cotentin
a le secret.
En venant de Barfleur, au hameau de Crasville,
La Crasvillerie abrite un centre d'insémination bovin.
Ce manoir du XVIe siècle, dominé par deux tours
octogonales, possède de belles fenêtres à
meneaux protégées par des grilles. François
Le Clerc, son constructeur, fut corsaire du Roi. Les revenus
de ses courses de jeunesse aux Canaries et à Cuba lui
permirent d'établir un trafic marchand. Du sommet de
l'une des tours, dans une chambre de garde, il surveillait
le retour de ses navires chargés d'étoffes et
d'épices.
Dans Réville, le château, La Caudrerie
et La Bulotterie sont à remarquer en passant. Face
au pont de Saire, le manoir de Cabourg datant du XVIIIe siècle
porte toujours ses cheminées octogonales et ses fenêtres
à vitraux. Un peu plus loin, la maison de L'Hermitage
fut la propriété de la soeur de Ferdinand De
Lesseps.
La légende du
Moine de Saire
De nombreuses histoires planent encore sur
les landes et les bocages du Cotentin. Celle du moine de Saire
fait partit de celles auquel on ne croit guère mais
à laquelle on ne peut s'empêcher de penser lorsque
l'on s'égare la nuit tombée aux alentours de
Réville.
Non loin du pont de Saire, l'ancien château
brûlé par les ligueurs fut, à l'époque
de Louis XI, le lieu d'un événement effroyable.
Le seigneur du lieu hébergeait au château son
frère cadet. Celui-ci, entré depuis pas mal
de temps dans les ordres, n'avait aucune conviction dans la
croyance en Dieu et encore moins en celle du Diable. Buveur
et hâbleur, il profitait de la vie en jouant de nombreux
tours. Un après-midi, un paysan demandé par
le seigneur entra. Se voyant réclamer une dette échue,
il affirma avoir déposé le dû entre les
mains du moine un jour où le maître était
absent. Le moine cria au mensonge désigna l'auteur
de la calomnie bon pour être pendu sur-le-champ. Il
ajouta "...que Satan m'emporte si je ne dis pas l'exacte
vérité". A ce même instant, un grondement
envahi le château qui s'ébranla. Une fenêtre
de la grande salle s'ouvrit dans un immense fracas. Le Diable
en personne, tout de noir vêtu, cornu et griffu entra
pour emporter le moine. Ils tournoyèrent quelques temps
dans les airs au-dessus du château avant de disparaître
vers les enfers.
L'esprit du moine est omniprésent. Par
malchance, perdu dans les chasses, méfiez-vous si vous
croiser un moine, peut être est-il revenu uniquement
pour vous égarer. Serait-ce encore son ombre qui auprès
des grands arbres agite les bras un soir de pleine lune. Méfiez-vous
encore de lui si vous entendez les cris d'un homme au bord
de la noyade. Peut être souhaite t'il vous entraîner
au fond de la Saire.
La digue protectrice
Les prés s'étallant de Réville
à St Vaast La Hougue sont situés sous le niveau
des grandes marées. En 1702, lors d'une très
grande marée, la mer est venue battre le pied de la
colline de La Pernelle situé à 2kms. Pour rendre
ces terres propres à la culture, une digue longue de
2700m, nommée la longue rive relayée par le
pont à flot de la Saire, permettent d'éviter
l'invasion de la mer dans la campagne.
L'église ruinée de Rideauville
Lors du rattachement de
la commune de Rideauville à St Vaast La Hougue en 1793,
la petite église St Martin de Rideauville fut laissée
à l'abandon. Il subsiste la tour du clocher dont la
flèche fut abattue par une tempête en 1848. Les
ruines des murs extérieurs s'élèvent
encore au centre du cimetière désafecté.
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