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Bâtiment des forces sudistes américaines,
l'Alabama écume déja depuis de longs mois les
mers du globe jusqu'en Extrême-Orient. Les nordistes,
à qui il a envoyé par le fond plus de 65 navires,
le pourchassent. La France étant neutre dans ce conflit,
l'Alabama entre pour quelques jours en rade de Cherbourg,
le temps d'une sommaire remise en état du doublage
de cuivre déchiré de la coque et d'un approvisionnement
en charbon. Le temps manque et la fatigue de ces marins bourlingueurs
se fait sentir. Prévenue par le consulat américain,
la frégate nordiste Kearsarge arrive devant Cherbourg.
Entrant par la passe Est, elle traverse la rade puis ressort
à l'ouest, pour se mettre en surveillance. L'Alabama
est pris au piège.
En ce matin du 6 août 1863, tous les
Cherbourgeois se sont rendus sur les hauteurs et les digues
pour assister au combat. Il est 10h lorsque, forcé
de quitter la rade protectrice, l'Alabama active ses feux,
pousse la pression des chaudières et envoie toute la
toile. Sorti des eaux territorales, l'engagement peut commencer.
Les feux des pièces d'artillerie se croisent. Les deux
vaisseaux sont noyés dans d'épais nuages de
fumée blanche. Le combat fait rage jusqu'à 12h50.
L'Alabama, n'aura pas résisté à cette
dernière bataille. Gravement endommagé, sur
une mer houleuse parsemée de débrits, il coulera
face à la grande rade de Cherbourg. Vers 16h, tout
est fini, le Kearsarge rentre vainqueur au port.
Fouilles sous-marines
A l'occasion d'une des nombreuses campagnes de fouilles qui
furent menées sur l'épave de l'Alabama, en 1995,
un canon " Blakely " de plus de 3 tonnes fut remonté.
Les archéologues furent surpris de découvrir
que cette pièce maitresse de l'artillerie de l'époque
possédait encore dans son fût une charge qui
n'avait pas eu le temps d'être tirée avant que
l'équipage abandonne le navire. L'obus de 110 livres
munis de sa fusée de percussion menacait de provoquer
l'explosion des 5 kg de poudre. Neutralisé par les
démineurs, après un séjour de 130 années
sous la Manche, puis trois années de traitement et
de restauration, le canon, propriété des Etats-Unis
d'Amérique, est exposé dans la grande halle
de la Cité de la Mer de Cherbourg.
Des marins des deux navires, morts au combat,
reposent côtes à côtes au cimetière
de Cherbourg - Georges Appleby et James King de l'Alabama
ainsi que William L. Gowen du Kearsarge.
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