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Depuis que le débarquement
de Normandie a eu lieu, de nombreux convois de navires traversent
la Manche vers Cherbourg pour alimenter le front des alliés
en hommes et matériels.
Bien que nous soyons la veille de noël
1944, un nouveau convoi s'avance prudemment. Le risque vient
des U-Boot allemands qui cherchent à couler le plus
grand nombre de navires. A bord du Léopoldville, la
tension est palpable. Trois fausses alertes et une navigation
en zig-zag déroutante mettent les nerfs à vifs
des officiers de passerelle. Il faut dire que ce paquebot
de la compagnie maritime Belge réquisitionné
comme transport de troupes, abrite à son bord 2237
soldats américains. Il est 17h30, la nuit est là
et les flocons de neige qui tombaient au départ de
Southampton semblent avoir suivi le convoi.
A cinq nautiques à l'Est, silencieux
et tapi, surveillant l'entrée de la rade de Cherbourg,
l'U-486 est près à l'attaque. A travers le périscope,
l'officier allemand estime que le Léopoldville situé
en bordure du convoi composé de 13 bâtiments
fait une cible de choix.
-" Torpille ! Torpille ! " - Le terrible
choc secoue la coque du grand paquebot touché à
l'arrière. Il prend immédiatement de la gîte.
L'ordre est donné d'évacuer le navire. Le commandant
envoie un message de détresse au contrôle des
opérations à Porsmouth puis des signaux lumineux
en direction de la terre toute proche. Malgré le mauvais
temps, on aperçoit l'ombre de la grande rade et les
lumières de la ville. Pendant ce temps, Cherbourg s'apprête
à fêter Noël. Personne n'imagine encore
le drame qui est en train de se produire.
Faisant partie du convoi, le HMS-Brillant s'approche.
On lance des haussières qui cassent les unes après
les autres. Les coques s'entrechoquent écrasant les
canots de sauvetages. Pris de panique, des G.I. sautent de
désespoir dans l'eau glacée. Aucun secours n'est
en vue de la terre. La vigie du port militaire de Cherbourg
a bien aperçu quelques signaux lumineux mais les mauvaises
conditions météorologiques les rendent incompréhensibles.
Quant au message de détresse, nul ne sait pourquoi,
il ne fut transmis au continent que 3/4 d'heure après
le SOS. Des barques de pêcheurs venant de la côte
arriveront à sauver quelques rescapés malgré
la nuit noire et la forte houle.
Puis soudain, l'arrière du paquebot
s'enfonce dans l'eau tandis que la proue se lève vers
le ciel. L'espace d'un instant, le Léopoldville s'immobilise.
Il vient de toucher le fond sableux de la Manche. Des gerbes
de bulles roulent le long des flancs. Il est 20h40 lorsque
l'avant du navire disparaît sous la surface. Tout est
fini.
Cette tragédie aura fait 782 morts.
Deux canots vides à la dérive seront retrouvés
sur la plage d'une île anglo-normande. Deux jours plus
tard, l'U-486 envoie à nouveau par le fond, devant
Cherbourg, la frégate anglaise HMS-Capel.
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