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Ce charmant bourg de pêcheurs est reconnu
comme l'un des plus beaux villages de France. Les maisons
de granit aux toits de schistes s'alignent le long du petit
port près de l'église. Ses quais pittoresques
et animés sont encombrés de casiers, lignes
et filets. Lors du retour des pêcheurs, la débarque
des poissons, crustacés et sacs de moule est une curiosité.
A marée basse, les bateaux de pêche couchés
sur le flanc ou appuyés sur leurs béquilles
attendent le flux. Le port entièrement vide de son
eau, retranché derrière sa jetée protectrice
vie au rythme des marées.
La mer règne en
maître sur le raz de Barfleur. Nul n'aurait l'idée
de la défier un jour de tempête. Les forts courants
longeant la côte, provoquent tourbillons et remous redoutés
des marins. La station de sauvetage, qui fut la première
construite en France, abrite le Crestey & Sauvé
remplacé depuis peu par un nouveau canôt insubmersible.
Ammaré dans le port, il porte secours aux marins en
difficultés. Les dangereux écueuils rocheux
qui protègent le port de Barfleur des violentes tempêtes
sont aussi ceux qui brisent les coques des navires imprudents.
En neuf siècles, l'élévation
du niveau de la mer et l'érosion ont fait reculer la
côte. Pour s'en persuader, il n'y a qu'à remarquer
l'éloignement de la première balise verte marquant
la sortie du chenal. Elle a pour fondation un très
ancien puit d'eau douce.
Une longue histoire ...
C'est dans ce port que fut construit le drakkar
sur lequel Guillaume le batard, nommé quelques années
après "Le Conquérant", entreprit la
conquète de l'Angleterre. Havre de prédilection
pour les rois anglo-normands, Barfleur fut pendant le moyen-âge
le premier port de la côte normande.
Au XIIe siècle,
Barfleur était une imposante ville ceinte de fortifications.
La communauté Barfleuraise, constituée de bourgeois,
commerçants, artisans et pêcheurs rassemblait
9000 habitants vivant d'un important commerce avec le royaume
d'outre-manche. Depuis l'envahissement de l'Angleterre par
Guillaume le Conquérant, la Neustrie (la Normandie)
et l'Angleterre étaient royalement liées. Le
grand port de Barfleur était le lieu de passage de
somptueux cortèges anglos-normands. C'est le
naufrage de la Blanche Nef qui jetta le doute sur la sécurité
du port. Les tiraillements entre les rois anglais et français,
la découverte de St Vaast la Hougue comme nouveau lieu
d'accostage et la destruction complète des fortifications
en 1597 sonnèrent le glas de l'oppulente cité.
Derrière l'église, en contournant
l'anse, un colombier est le vestige d'une ancienne demeure
seigneriale. Derrière le fond de port, la cour sainte
Catherine est l'une des curiosités de Barfleur. Après
être passé sous son porche, on découvre
une minuscule cour, entourée de maisons des XIVe et
XVe siècles. Cette cour, miraculeusement préservée
par le temps, reste le précieux vestige de la cité
Barfleuraise médiévale.
L'église de Barfleur, autrefois au centre
de la cité médiévale, voit son cimetière
marin ballayé par les embrums. Lors de la démolition
du château en 1597, certaines pierres furent réutilisées
à la reconstruction d'une partie de l'ancien lieu de
culte en ruine. Les vestiges d'un mur de soutainement du fossé
de l'ancien rempart lui servirait d'assise. L'église
de Barfleur est ornée de magnifiques statues de Piéta
en bois du XVIe siècle. On y trouve les reliques de
saint Juste, saint Illuminé et de sainte Marie Madeleine
Postel. De nombreux ex-votos témoignent des vies épargnées
mais aussi de celles prisent par la mer.
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