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Le plus petit port de France
Abrité en bordure de la magnifique et
légendaire Anse St Martin, le Port Racine tient son
nom d'un corsaire du 18ème siècle.
Ses dimensions en font le plus petit port de
France. Ici, point de place pour un ponton. Seules quelques
barques de pêcheurs sont amarrées traditionnellement
tête et cul en va et vient sur des aussières.
Les cabanes de pêcheurs et les casiers qui trainent
sur la jetée construite en 1870 font de cet endroit
un lieu très apprécié des promeneurs.
Un repère de
corsaire
Lorsque que François Médard Racine, prend
en 1815 le commandement du bateau corsaire nommé L'embuscade,
il jette son dévolu sur l'anse St Martin. D'un
point de vue stratégique, la baie est un bon refuge
pour un corsaire. Le mouillage offre le double avantage d'être
abrité et à proximité de la pointe de
la Hague. La renverse de la marée permet de passer
le Raz Blanchard entrainé par le courant - méthode
toujours utilisée par les plaisanciers - pour voguer
d'une traite vers l'île de Guernesey. Cela permet de
croiser la route des navires marchands doublant le cap pour
rejoindre l'Angletterre.
Afin de protéger le navire au mouillage
des vents du nord, Racine fait construire une petite jetée
submersible de pierres sèches. Le navire ne permettant
pas d'abriter les 16 hommes d'équipage faute de pont,
une cabane est montée à proximité du
mouillage. Pendant une année Racine et ses hommes arraisonneront
les navires anglais et leurs précieuses cargaisons.

L'embuscade, quel Lougre !
Construit à Granville en 1807
spécialement pour la course, L'embuscade est un Lougre
long de 34 pieds (11m) et jaugeant 7 tonneaux. Il est confié
pour son 2ème armement par un armateur cherbourgeois
au Capitaine Racine. Il sera désarmé un an plus
tard. Le gréement est composé d'une misaine,
grand mât et tape cul sur lesquels sont gréées
des voiles auriques de grandes surfaces. Le foc est étarqué
sur une drisse tendue sur le beaupré.
Cherbourg et les bateaux corsaires
Pendant les périodes de la révolution
française et de l'empire qui suivi, les corsaires cherbourgeois
armèrent une cinquantaine de navires rapides pour la
course. Le principe de la course avec bateaux corsaires est
repris par l'assemblée législative en février
1793 lors de l'entrée en guerre de la France avec l'Angletterre.
Les navires arraisonnés était ramenés
au port de Cherbourg puis la cargaison et le navire vendus
aux enchères. Le profit de la vente était répartit
entre l'armateur du bateau corsaire et l'état.
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