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Vous qui avez déja bu ce nectar
en connaissez les délices. Le cidre fermier du Cotentin
exulte des parfums du terroir pour se consommer avec modération.
Cette boisson fermentée, très
largement connue et réputée, n'a cessé
d'être appréciée à tout âge
depuis sa création en Normandie au 15ème siècle.
Méthode de fabrication du cidre
Arrivées à maturité,
les pommes sont ramassées puis laissées au pied
des pommiers. Elles doivent "avoir du tas" pour
que le sucre qu'elles contiennent commence sa fermentation.
Trois semaines plus tard, elles sont
apportées à la ferme pour être pressées.
Les pommes sont "pilées" dans un broyeur
ou "mouleu" donnant le marc. Celui-ci est laissé
à macérer dans des bacs l'espace d'une nuit
afin qu'en s'oxydant il "prenne la couleur".
Le marc est ensuite disposé sur
l'émai du "prinseu" (pressoir) en couches
alternées avec de la paille de blé ou "glui"
(la méthode illustrée ici utilise du roseau).
L'ensemble est recouvert de planches et de madriers afin que
la pression exercée soit uniforme.
Par l'intermédiaire d'un levier
à main ou d'un vérin, le mouton est actionné
sur la vis. Le jus des pommes, coule par capillarité
le long des brins de paille avant de tomber sur l'émai
puis dans l'ouche. Le jus de pomme est transvasé au
fur et à mesure dans un tonneau. Il est soutiré
au moins une fois afin d'éliminer le dépôt.
Six semaines plus tard, le jus aura fermenté
ou "paré" . Devenu cidre, "gouleyant
et drait de goût", il sera bon à déguster
en le tirant au tonneau ou en le mettant en bouteille en lune
descendante pour en faire du "champagne normand"
(cidre bouché).
Le reste de cidre de l'année précédente
est mis de côté pour être distillé
en calvados.
Les pommes
Plusieurs variétés de pommes
sont utilisées pour faire du cidre. Les hâtives
et mi-précoce, bien sucrées, nommées
"Belle-fille" et "Torau", sont ramassées
en octobre. Les tardives, un peu sûres, appelées
"testard" (car tardif) et "rabattu" (chargées
en fruits, les branches sont rabattues vers le bas) tomberont
fin novembre. Lorsque l'on utilise des pommes hâtives
et tardives, les deux cidres sont "coupés"
(mélangés) afin qu'ils soient sucrés
à l'identique dans tous les tonneaux.
Dans un journal manuscrit, il y a 4 siècles,
le sieur de Gouberville, narrateur de la vie paysanne en haut
Cotentin, citait des variétés de pomme encore
pressées de nos jours. Le Cotentin reste une fois de
plus une terre de tradition.
... juste pour le savoir
Les tonneaux utilisés
dans la Hague ont une contenance d'environ 1300 litres.
Ne servant qu'une fois par an, les planches de l'émai
du pressoir sèchent et se déjointent. En saupoudrant
l'émai de cendre de bois puis en l'emplissant d'eau,
il gonfle et redevient étanche.
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